Sothis

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jeudi 26 janvier 2012

Le projet 2012: Stockholm



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Bruxelles - Stockholm

dimanche 06 novembre 2011

Fin de saison: de Bresquens à Bruxelles



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mardi 20 septembre 2011

De Brest à Nieuport



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lundi 22 août 2011

De La Rochelle à Brest



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mercredi 03 août 2011

Le voilier s'ouvre comme une boîte à sardines !



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samedi 30 juillet 2011

De Pornichet à La Rochelle



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mercredi 27 juillet 2011

De Brest à Pornichet



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samedi 09 juillet 2011

De Nieuport à Brest



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vendredi 17 juin 2011

Carénage et améliorations



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samedi 30 avril 2011

Vacances de Pâques à Zeebrugge



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lundi 18 avril 2011

Le projet d'été


Notre projet est de rejoindre La Rochelle et de remonter vers Brest en découvrant la Bretagne Sud. Pour le retour, nous envisageons un passage par les îles Scilly et une navigation le long de la côte sud de l'Angleterre et ses nombreuses rivières. Au total, nous devrions parcourir 1300 milles en deux mois et demi.

juin juillet

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mardi 12 avril 2011

Le convoyage


Nous avions fixé la date depuis longtemps. Jacques et Manu, équipiers expérimentés, avaient accepté de s’inscrire sur la liste d'équipage pour faire ces quelque 300 milles de Saint Quai Portrieux à Nieuport.


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Papiers, banque, administration, douane, lettre de pavillon, enregistrement VHF,... Les semaines passaient et nous laissaient loin de la navigation. Nous pouvions voir le voilier tous les jours en ouvrant le navigateur internet connecté sur la webcam du port.

Enfin, le samedi 2 avril, après avoir mangé dans une crêperie et arrosé le repas de cidre, nous étions à bord. Déjà un air de vacances!

Nous avons consacré la journée du dimanche à découvrir le voilier, à le préparer et à y ranger tout ce que nous avions amené: Matériel, cartes, bagages, vivres, annexe, moteur,... Tout y est rentré sans problème, mais il faudra encore se rappeler l'emplacement provisoire de tous ces objets.

Mauvaise nouvelle, j'avais fait nettoyer la coque lors de l'expertise et en deux mois et demi, elle était recouverte d'une belle couche d'algues de 2 cm... Rontudjuu!

BRYC.jpg Après avoir hissé le pavillon national, le pavillon de courtoisie et le fanion du BRYC, Bruxelles Royal Yacht Club, le voilier commençait une nouvelle vie. Le nouveau nom, en papier plastifié a été collé provisoirement. Oui, le voilier a été rebaptisé et non, nous ne pensons pas que cela porte malheur.

Nous sommes partis le lundi matin pour notre première étape, St Peter Port à Guernsey. Avril 2011 a commencé sous l'influence de l'anticyclone des Açores: Le trajet s'est principalement fait au moteur, qui tourne comme une horloge avec un niveau de bruit tout à fait confortable. Vitesse? Mystère, l'hélice de loch pleine d'algues ne tourne pas ...

Nous aurons un moment de vent qui permettra de constater que les voiles de série ont une coupe bien meilleure que ce que l'on aurait pu croire. Bonne nouvelle, mais nous verrons, plus tard, dans la brise lors des premiers tours de rouleau.

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C'est Jacques qui sortant la tête de son livre va nous donner la phrase du jour à méditer:

'Exister est un fait, vivre est un art. Et le défi est de passer de la peur à l'Amour'


St Peter Port Guernsey:

Efficacité et précision Anglaise pour notre accueil et amarrage sur un ponton du port. Après avoir constaté que nous n'avons pas d'animaux à bord, nous recevrons une brochure sur l'île et des indications sur les facilités du port. De toutes façons nous partons demain matin à 7 heures, mais nous reviendrons cet été.

On tient un équipage par la nourriture, mais c'est l'équipage qui nous a préparé à tour de rôle différents plats délicieux: Pas de risque de mourir de faim à bord.

Le lendemain, 6 heures 30, réveil! et le vent souffle. La météo confirme les 6 bf dans le raz Blanchard, peut être plus au cap. J'ai bien hésité, cela nous démangeait, mais je me suis dégonflé... Nous ne connaissons pas encore le bateau, ses équipements, l'électronique, nous n'en avons pas fait le tour, nous découvrons, plutôt le faire dans un temps plus calme. Et voici donc une journée à passer dans cette étrange et merveilleuse île Anglaise.

Petit déjeuner full british à terre! Gonfler la nouvelle annexe Suzumar, installer le moteur Suzuki 6cv et à terre. Juste le temps de constater que le vendeur de Plaisance Diffusion à Bruxelles avait dit vrai. L'annexe déjauge très facilement à 1 ou 2 personnes avec ce moteur et encore, nous respectons le rodage.

A terre, premier carrefour, première surprise, ah, oui, ils roulent à l'envers. Nous avons trouvé notre petit déjeuner entre deux banques et nous avons passé ensuite une journée à bricoler, découvrir et ranger le voilier. Puis nous avons fait le tour de l'île en bus. Cette île plus habitée que prévu, offre des paysages magnifiques, de campagne et de criques pleines de rochers.

Et le lendemain à 7 heures, debout et départ, marée oblige. Bien sûr le vent est tombé. N'aurions-nous pas dû partir hier? Trop tard pour les regrets, moteur avec une belle houle de NW.

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Le vent d'Est va nous aider à passer le raz en nous offrant un près bon plein puis, au cap, un calme plat. Puis avec une vitesse sur le fond de 11 nœuds nous continuerons au moteur jusqu'à Boulogne en faisant des quarts de deux heures car les nuits sont froides. 11 nœuds au début car un léger début de mal de mer m'a fait regarder les cartes de courant un peu trop globalement et notre vitesse fond descendra un temps à 0,5 à 1 Nd. Nous aurions peut-être dû nous arrêter six heures à Cherbourg.

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Nous aurons droit à de belles journées ensoleillées et à une température entre 14 et 17 degrés dans le voilier. La nuit étoilée a été superbe avec des étoiles filantes. Mais je ne l'ai pas trop vue occupé à tester les multiples touches et fonctions de l'électronique et à rechercher pourquoi le pilote automatique perd régulièrement le contact avec son compas et nous fait faire de grands cercles ... Rien d'autre à signaler, si ce n'est le dysfonctionnement de la toilette arrière ... Rontudjuu, ce sera une de plus que je démonterai dans ma vie de marin, mais ce sera pour plus tard car il reste celle de l'avant.

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Boulogne:

Nous arrivons vers 16 heures, juste avant la renverse du courant pour faire le plein de fuel. Mais la marina est en dragage, la pompe est fermée et il nous faut faire 2 km à pied pour en trouver une autre et ramener 20 kg de fuel qui ne sont sans doute pas nécessaires, mais la jauge est-elle bien indexée? Nous retiendrons surtout l'apéritif pris au soleil à une terrasse où nous ressentons un peu le mal de terre.

De retour à bord, nous versons le diesel dans le réservoir lorsqu'un Zodiac noir s’amarre à l'arrière: Douane Française. Les effets de l'apéritif aidant, je les accueille en leur présentant la couleur du diesel qui est conforme. Réponse: 'Le diesel c'est bon, voyons le reste'. Ils ne sont pas là pour rigoler, mais nous passerons un très bon moment avec eux.

Le reste, ce sont les papiers qui sont en ordre. Nous avions été survolés par un hélicoptère de la police et ils avaient remarqué que le nom du bateau était maquillé. J'aurais bien voulu obtenir la photo prise de l'hélico, en souvenir, mais ce n'était pas prévu. Par ciel clair, nous l'avions vu mais ces hélicoptères peuvent aussi filmer à l'infrarouge à travers les nuages et leur caméra voit les plus petits détails. Les 3 douaniers nous quitteront après avoir refusé (le chef surtout) notre petit calva.

Départ de Boulogne à 00:30. Nous serons retardés par les manœuvres d'une énorme drague à la sortie du port. Plusieurs bouées blanches nous barrent le chemin. Pourtant les feux de la drague sont clairs: Capacité de manœuvre réduite, mais pas de signaux indiquant un passage fermé ou ouvert. Or le plan d'eau est bouché! En approchant doucement, Manu, à la proue constatera que ces bouées non éclairées ne sont que des paquets de mousse produits par la drague. En route donc vers la sortie. Et de nouveau cette étrange sensation de quitter la lumière et la civilisation pour s'enfoncer dans l’inconnu des ténèbres...


Nieuport:

J'ai toujours aimé ce trajet: Passer le cap Gris-nez, traverser le ballet des ferries de Calais, voir la couleur de l'eau qui change, découvrir la passe de Dunkerque éviter quelques autres paquebots, passer la frontière, remonter vers le large pour éviter les hauts-fonds et quelques épaves et enfin Nieuport. Le vent s'est enfin levé vers 5:20 et nous a permis une belle navigation du travers au bon plein pour enfin entrer vers 11 heures, à la voile dans le port.

Cela faisait 12 ans que je n'avais plus navigué en Belgique.

Bonjour les bancs des Flandres avec votre eau d'une belle couleur sombre et boueuse. Heureux de vous retrouver.

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mercredi 06 avril 2011

4. La négociation



Mon cœur mon cœur ne t'emballe pas

Fais comme si tu ne savais pas

Que la Mathilde est revenue

Mon cœur arrête de répéter

Qu'elle est plus belle qu'avant l'été

La Mathilde qui est revenue

Mon cœur arrête de bringuebaler

Souviens-toi qu'elle t'a déchiré'

Extrait de Mathilde Jacques Brel



Nous avons trouvé le bateau, nous le voulons et nous nous retrouvons comme Jacques devant Mathilde. Passion quand tu nous tient!

Et c'est pourtant ici qu'il va être nécessaire de fonctionner froidement et rationnellement en laissant la passion au vestiaire.

Mon métier est la formation du personnel notamment aux techniques de négociation, mais j'avais subitement oublié comment faire, je sautais les étapes.

Il convient de se préparer. Et pour cela fixer le prix d'achat souhaité et le prix d'achat maximum au delà duquel vous n'irez pas.

Pour qu'il y ait transaction, il faut qu'il y ait recouvrement de votre fourchette de négociation et de celle du vendeur. Pour notre achat, nous avons atteint notre prix d'achat maximum et le vendeur était, lui à son prix de vente minimum. Ce prix était le seul qui était acceptable par les deux parties.

Mais il peut ne pas y avoir de recouvrement et c'est là qu'il faut raison garder. Aveuglé par le désir du bateau, nous pourrions dépasser nos limites.

Voici un moyen de ne pas dépasser les limites fixées:

Imaginez et développer 'votre meilleure alternative en cas d'absence d'accord'.

Cela revient à penser à l'avantage que l'on aurait à ne pas acheter ce voilier.

Pour nous par exemple, nous aurions alors recherché un Bavarias en Méditerranée. Notre avantage aurait été de passer une ou deux années à ramener le voilier dans les mers plus chaudes. Nous aurions pu visiter Grenade en famille, puis Gibraltar que je n'ai plus vue depuis 30 ans. Nous aurions visité le Portugal ou bien nous aurions peut-être osé passer par les Açores. Ensuite il y aurait eu la découverte de la Bretagne. En y pensant bien, ce projet n'était pas mal du tout et nous permettait d'aborder la négociation avec beaucoup plus de détachement.

mardi 05 avril 2011

3. Lequel de tous ces Bavarias 42 C?


Le type de voilier est choisi, mais il faut encore le trouver.

Nos expériences d'achats de voiliers dataient d'avant l'émergence d'internet. Cet outil devenu incontournable a été redoutable d'efficacité pour analyser le marché et gagner en temps et efficacité.

La recherche sur internet

Les différents sites nous renseignaient environ 40 voiliers en France, Pays-Bas, Belgique et Allemagne. Nous avons laissé tomber les autres pays.

Notre démarche a été jalonnée de découvertes et d'apprentissage:

  • Beaucoup sont répertoriés plusieurs fois en brouillant les pistes. Les prix du même voiliers peuvent varier suivant les annonces. Une analyse approfondie des annonces et des photos des différents sites permet cependant de détecter les doublons; décoration dans le carré, texture du bois des panneaux, élément du gréement, lieu d'amarrage, ...
  • Des voiliers déjà vendus restent annoncés sur le web, parfois plusieurs semaines.
  • La puissance du web et l'analyse des photos nous a permis, avant toute visite, de détecter que Bavaria avait amélioré les espaces de rangement et le look des équipets. Nous avons pu en reconstituer l'historique et préciser que ces changements, qui nous semblaient souhaitables, avaient eu lieu dans le courant de 2006. Nous avons également appris à en détecter la présence sur base des photos même partielles des annonces.
  • Un propriétaire qui faisait appel aux services de deux courtiers pour vendre son voilier l'a annoncé en direct à un prix nettement inférieur. Nous avions reconnu le voilier et lors d'un contact téléphonique, nous avons été renvoyé aux courtiers et à leurs prix. Beau test de l'élasticité de la demande... mais aveux de l'absence d'intérêt du marché pour son voilier.
  • Des voiliers de location peuvent être annoncés à un prix élevé et présentés comme voiliers de particuliers. En recherchant une location dans la zone où le voilier se trouve, vous pouvez souvent vous le voir encore proposé en location.
  • Le suivi de tous ces voiliers durant quelques mois permet d'estimer la rapidité de vente, les configurations qui s'achètent et les prix annoncés. Durant notre recherche hivernale, au cœur de la crise, très peu de ces voiliers ont été vendus, ce qui est une bonne nouvelle pour la négociation. Les deux voiliers vendus se caractérisaient par un plus grand nombre d'options et de voiles.
  • Toujours contacter les annonceurs avant une visite: Des voiliers peuvent se situer à un tout autre endroit que celui annoncé, être déjà vendus ou retirés de la vente.


Après cela, le marché est écrémé et notre liste était beaucoup moins longue. Il nous restait 3 Bavarias en France Atlantique et 4 à la Côte d'Azur.

L'estimation et la comparaison des prix

Tous ces voiliers peuvent avoir des âges, des états et des configurations différentes avec des prix qui ne semblent pas refléter ces caractéristiques.

Comment aborder le problème? Comment estimer la valeur d'un voilier? Comment se préparer à la négociation?

Comme nous comparions 7 voiliers, nous avons voulu développer les réponses à ces questions avant toute visite.

Le prix argus:

Notre première approche a été de calculer la valeur argus de ces 7 voiliers sur base de la revue Argus.

Internet nous a aidé à retrouver la liste de prix de toutes les options des Bavarias 42 C à l'époque de leur vente. Pour les autres options, une visite au salon de Paris et les catalogues internet des Plastimo et autres nous ont donné une estimation des prix. Nous avons appliqué un pourcentage d'amortissement pour chaque voilier et pour leurs équipements en fonction de leur âge. Ces pourcentages d'amortissement sont estimés, mais comme nous appliquons les mêmes à chaque voilier, cela nous donne une bonne base de comparaison. Au final, ce tableau nous a permis de comparer le coût argus de chaque voilier et de sa configuration. Nous avons également pu voir la moyenne des différences entre les prix argus et les prix demandés afin d'estimer, pour chaque voilier, l'importance de la négociation nécessaire.

cout_config_1.png Exemple du tableur pour deux voiliers

La configuration souhaitée:

Pour finir, ce qui nous intéresse, c'est le budget nécessaire pour le voilier et les options de notre choix. Un voilier peut avoir des options qui ne nous intéressent pas et ne pas en avoir d'autres que nous souhaitons. La somme des valeurs des options amorties et le coût d'installation des options non présentes nous permet d'estimer le coût de notre configuration parfaite pour chaque voilier, et de les comparer.

Nous sommes alors bien préparés à faire les premières visites. Les discussions avec les courtiers vont nous permettre de mesurer la flexibilité des prix ce qui va encore parfaire notre tableur et nos comparaisons. On peut aussi analyser le site d'un courtier qui publie les prix de vente des voiliers et les prix demandés: http://www.eurobateaux.com/cotev.asp

L'état du voilier:

Lorsque l'on achète un voilier de 4 ou 5 ans, on peut être exigeant et on finit par en trouver un qui est dans un état irréprochable. Nous en avons trouvé deux, un très équipé, l'autre moins. Nous avons choisi le premier car équiper un voilier demande du temps et beaucoup de démarches. Il n'y avait plus qu'à en négocier le prix sur base de toutes nos préparations.

lundi 04 avril 2011

2. Blue water ou coastal cruisers


L'approche Anglo-saxonne

Pour les Français, un voilier en catégorie A peut affronter toutes les situations. En dehors de la regrettée revue 'Loisirs Nautiques', la presse et la littérature nautique ne parlent quasi pas des choix architecturaux des voiliers. Pas de ratios ou de courbes de stabilités dans les essais des voiliers. On vous donne la catégorie de navigation comme toute explication. De l'autre côté de la Manche et aux États-unis, l'approche est bien différente: Ils font la distinction entre les 'blue water cruisers' (voiliers de grande croisière) et les 'coastal cruisers' voiliers de croisière côtière. Et cela pour des voiliers qui sont classés dans la même catégorie, ici A. Tous les voiliers de notre liste, Bénéteau, Jeanneau, Bavaria, Dufour, … sont classés 'coastal cruisers'.

Mais qu'est-ce qui fait la différence entre les deux? Quel serait l'inconvénient de naviguer sur un ‘coastal cruiser’ et en quoi ces différences peuvent-elles avoir un impact sur notre projet de grande navigation côtière?

Les réponses sont venues des livres Anglais et plus particulièrement de l'excellent 'The blue Water handbook, the essential guide to bluewater cruising' de Berth A. Leonard. Ils ont aussi un site: http://www.bethandevans.com/index.htm

C'est après l'achat du voilier, que la revue Yachting Monthly de Février 2011, a publié un article qui résume bien ces différences. En voici un extrait:YM_fev.png

' Soyez honnête: Il est possible de dépenser une fortune pour un voilier 'blue water' résistant à toute épreuve, mais pour la majorité d'entre nous, notre réalité est la croisière côtière sur un voilier qui est nettement moins cher, plus agréable à barrer et plus adapté. Et grâce aux prévisions météo modernes, le voilier côtier ne devrait jamais se trouver dans une situation où il risque de chavirer. C’est ce qui permet d'orienter sa conception vers la performance, mais cette orientation n'offre cependant pas la sécurité nécessaire à une croisière hauturière...'

Chavirer???

Oui, pour chavirer un voilier et mettre la quille au-dessus du mat, 'il suffit' d'une vague déferlante par le travers qui ait une hauteur de plus du 1/3 de la longueur du voilier. Il n'y a heureusement pas grand monde qui en a rencontré de pareilles en saison dans nos régions, mais en croisière hauturière, en s'écartant un peu des routes de l’alizé ou des bonnes saisons, même si c'est rare, cela devient possible.

Toute la question est de savoir ce qui se passe après que le voilier soit à l’envers. Parce que c’est ici que toutes les options de l’architecte naval vont produire leurs effets sur la rapidité de remise à l’endroit, la quantité d’eau embarquée et les dégâts matériels…

Pour YM les différences portent sur 6 critères :

Le rapport déplacement/longueur : Les ‘blue water cruisers’ sont plus lourds, moins rapides, mais plus confortables dans la mer formée. Ils sont plus aptes à supporter la charge des équipements nécessaires à une grande croisière et ils peuvent emporter plus d’eau et de fuel.

Le rapport poids/lest : Un croiseur côtier aura souvent un rapport inférieur à 30%. Les auteurs estiment qu’un ‘blue water’ doit avoir un minimum de 40%. Le Bavaria 42 Cruiser, par exemple, avec 33% a un peu plus que ses concurrents. Mais attention à tout le poids dans les hauts, moteur HB, radar, radeau, enrouleur de foc, …

Le rapport poids/ surface de voilure : Il doit se situer entre 18 et 24, 24 donnant un voilier très vivant et sportif à la voile. (Système métrique outre Manche, bien sûr).

La courbe de stabilité : Et surtout le point de perte de stabilité et la stabilité à l’envers, où les catamarans sont rois… Le Bavaria 42 et ses collègues perdent l'équilibre et font la culbute vers 122 degrés de gîte qui semble une norme implicite pour ces voiliers. Et si leur belle largeur nous offre un grand cockpit et de belles cabines arrière, elle les rend plus stables à l’envers qu’un blue water cruiser ... Il est dit qu’une autre vaque devrait aider à la remise à l’endroit au bout d'environ deux minutes surtout s'ils sont pleins d'eau. L’équipier attaché et coincé sous l'eau, à la barre n’a qu’à bien retenir son souffle !

Le stix : Il faut bien chercher pour trouver des informations sur cette norme développée par l’Europe après le Fastnet. Les chantiers ne la communiquent pas et il faut aller sur des sites Anglais pour la trouver. Elle mesure de nombreux indices comme la stabilité, l’angle de gîte à partir duquel les ouvertures sont sous eau, etc. C’est cette norme qui définit la catégorie de navigation. Le chiffre du Bavaria 42 Cruiser est de 35,54. Les auteurs de Yachting Monthly estiment qu’un blue water cruiser doit avoir un stix égal à sa longueur en pieds. Mais les auteurs disent eux-même qu'il faut se méfier de cette norme, car l’Ovni 395, ‘blue water cruiser’ incontesté, n’a qu’un stix de 33,41.

Les polaires de vitesse : Elles permettent de prédire la vitesse du voilier en fonction de la vitesse et de la direction du vent.


YM_bavaria_42_Cruiser.png Il existe une autre version avec quille en plomb




Nos conclusions :

Jusqu’où tout ceci est vrai? L'analyse d'une revue comme YM nous montre que plus de la moitié des articles traite de problèmes, de risques, d'expériences désastreuses, de préparation au pire... Ils portent plus leur attention sur l'évitement des risques que sur le plaisir de naviguer.

Mais même si ils ont raison, nous estimons qu'en fonction de notre projet nous courrons plus de risque en roulant en voiture vers le bateau qu’en naviguant sur celui-ci. Nos recherches nous ont rassurés sur la qualité de ces voiliers et sur leur adéquation à notre projet. Notre 'coastal cruiser' catégorie A va nous permettre de faire de la grande croisière côtière, avec de bonnes sensations de voile, dans un bon confort, à un prix raisonnable… En ce qui concerne le risque de chavirement, 40 ans de navigation côtière ne m'ont pas permis de rencontrer de très mauvais temps (maximum huit ou peut-être neuf bf), en tout cas en mer. Une bonne analyse de la météo devrait nous permettre de continuer à l’éviter et ainsi, garder le voilier à l’endroit.

Traversée de l’Atlantique en ‘coastal cruiser’? La majorité des voiliers de l'ARC sont des 'coastal cruisers'. Lorsque plus âgés, nous aurons ce projet, nous changerons peut-être de voilier (en cassant toutes nos tirelires). Plus grand et plus pépère. Comme j'entendais sur un ponton, ‘j’avais un X-Yacht à Nieuport qui marchait très fort, mais je pars avec ma femme pour cinq années autour du monde et j’ai acheté un bateau de vieux : Un Super Maramu…‘.

C'est un choix qui correspond bien à notre expérience du 'blue water cruiser' Maramu : Un voilier pratique, facile à manœuvrer, très solide, confortable, rangements énormes, 1000 litres d'eau et 400 de fuel, rapide quand il y a du vent. Mais dès que le vent tombe en dessous de 15 Nd ou qu'il vient trop de l'avant, on se précipite sur la clef du moteur plutôt que sur les drisses ou bien on attend. En croisière lointaine, on a souvent plus de temps et il y a moins de près.

Notre choix :

Comme nos doutes étaient levés, nous avons acheté notre 'coastal cruiser' catégorie A.

En fonction de nos critères, trois voiliers très similaires sont restés dans notre liste. Nous avons observé que les espaces de rangements du Bavaria étaient supérieurs à ceux du Bénéteau 43 et également du Jeanneau 42i. Le réservoir de fuel de 130 l (contre 210 l) nous a fait choisir le Bavaria, malgré l'avantage Jeanneau d’une cuisine placée dans la descente. Subjectivité des avis, des choix et des compromis!

samedi 02 avril 2011

1. Un nouveau voilier


12 ans sans voilier! C'est le temps qui a passé depuis la vente du bateau familial précédent, un Moody 346. A la date de l'achat, notre fille avait 3 semaines et ses frères 2 et 3 ans...

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Depuis nous avons eu la chance de naviguer en méditerranée sur le Maramu paternel.

L'été dernier, à Cagliari, la décision a été prise : Nous allions renaviguer dans le nord: Manche, Bretagne, Écosse, Irlande, Baltique, Norvège,... avec comme port d’attache, Bruxelles.

Il faut un bateau pour réaliser ce programme, mais, après toutes ces années, nous avions perdu le contact avec le marché de la plaisance... Après quatre mois de recherches, réflexions et calculs notre préférence allait vers un Bavaria 42 cruiser de quatre ou cinq ans, que nous souhaitions bien équipé. (Hélice d’étrave, radar, grand voile à enrouleur pour naviguer seul, chauffage parce qu'ici c'est utile, étai largable avec trinquette pour le plaisir de remonter dans la brise, portique, éolienne, etc). Nous avons bien regardé les Bénéteau, les Jeanneau, Dufour et autres, et nous sommes chaque fois revenu vers ce bateau : L'un dans l'autre il nous semblait mieux répondre à nos critères que les autres, peut-être une influence nordique...

Il n'y avait donc plus qu'une chose à faire : Analyser les quelque 40 Bavaria 42 Cruiser à vendre sur internet (novembre 2010), négocier, expertiser, et naviguer.

Mais .... , c'est ici qu'une petite voix inquiète s'est fait entendre.... fortement influencée par les différents avis et commentaires négatifs concernant les Bavaria en particulier et les voiliers de grande série en général que l'on trouve sur les forums internet et que l’on peut entendre sur certains pontons.

Et si c'était trop beau pour être vrai ?

Et si Bavaria et ses collègues en étaient arrivés à construire des bateaux bon marché en épargnant sur la qualité et en pratiquant un savant calcul d'obsolescence planifiée à une dizaine d'années, comme pour le marché automobile ? Et que penser de tous ces commentaires sur les forums internet Français, concernant les Bavarias et autres, (toujours subjectifs, et non étayés, ‘j’ai entendu que’) de problèmes de structure, de coques qui se déforment lorsqu'on pose le bateau sur sa quille, de boiseries qui gondolent, de portes qu'il faut laisser ouvertes lorsqu'on navigue ou met le bateau à sec sous peine de ne plus pouvoir rentrer dans les cabines, de safrans qui se délaminent, de quilles qui rouillent ou se détachent, de liaisons coques/pont peu solides, de chandeliers qui laissent pénétrer l'eau, de hublots qui prennent l’eau, de capot bon marché, d’accastillage sous dimensionné, etc. etc.

Cela demandait réfection avant d'agir. Voici les pistes que nous avons suivies pour tenter d'apporter quelques réponses à ces interrogations et doutes:

Les avis des utilisateurs concernant le Bavaria 42 Cruiser:

Les conclusions des avis que nous avons pu trouver dans les ports et sur Internet concordent, les propriétaires de Bavaria sont satisfaits et n’ont pas de problèmes particuliers. Les critiques émanent principalement des forums internet Français et sont faites par des non-propriétaires (les commentaires Anglais et Néerlandais sont le plus souvent très positifs).

Bien sûr un bateau demande un entretien continu et le principe d'Antoine vaut pour tout ce qui va sur l'eau: 'Tout équipement qui fonctionne sur un bateau est dans un état instable et tend vers un état stable de panne'.

Nous avons particulièrement apprécié l'avis du propriétaire de Dartag qui nous a rassurés par sa confiance dans la construction et la structure de son bateau ainsi que de son accastillage et équipements. Voir son blog http://dartag.heoblog.com/ .

Tous les avis des utilisateurs concordent en ce qui concerne les qualités nautiques et le comportement en mer du Bavaria 42 Cruiser.


Les avis des distributeurs sur la qualité des voiliers:

Beaucoup de ces avis nous ont semblé peu fiables. À la question de savoir pourquoi choisir leur bateau plutôt que celui d'un autre chantier, la réponse standard est qu’ils ne souhaitent pas dire du mal de leur concurrent, ce qui est déjà en dire sans le dire. Sans trop insister les critiques arrivent et portent sur des éléments souvent inexacts ou invérifiables : Un vendeur Jeanneau, par exemple, nous a conseillé de vérifier l'épaisseur du joint entre les cloisons et le roof qui était beaucoup plus épais chez Bavaria car leur découpe de bois était plus grossière. Après vérification, c'est l'inverse, arroseur arrosé. Un vendeur Bavaria lui, nous a expliqué que les bois magnifiquement polis du Bénéteau 43 étaient réalisés par une couche de papier collé: Difficilement vérifiable sans le détruire.

Notre conclusion est que l'acheteur moyen n'a pas les moyens de vérifier objectivement la qualité de construction des voiliers de grande production. Nous pensons aussi que ces vendeurs ont beaucoup de mal à promouvoir les avantages de leurs voiliers car comme ils finissent par le dire, les constructions se valent et les différences portent sur des éléments subjectifs comme l'esthétique ou la marque.

Les revendeurs des chantiers Français ont créé un doute sur la qualité des Bavarias contre lesquels ils ont eu du mal à aligner leurs coûts de fabrication et donc leurs prix. (Grand principe marketing du FUD: Fear, uncertainty and doubt).

Il nous a semblé que si l'on va vers un voilier de grande série, il faut peut-être choisir l'original qui a investi stratégiquement dans des moyens de production automatisés et de qualité plutôt que les copies de ceux qui ont dû s'adapter en réaction. Ce n'est pet-être pas lié, mais le site Voile et Voiliers indique (avril 2011) que les utilisateurs Jeanneau et Dufour ont de sérieux problèmes de service après-vente. Problèmes de qualité de fabrication?

Le marché du voilier est arrivé à maturité et il n’y a pas beaucoup plus de place que pour trois chantiers qui font du volume et des plus petits qui développent des marchés niches. Tous les autres ont disparu ou vont disparaître par faillites, rachats ou consolidations.

Nos discussions avec deux distributeurs Bavaria en France et deux courtiers en Hollande ont été plus objectives et nous ont rassurés quant la fiabilité et la qualité de la marque. Ces voiliers sont très prisés aux Pays-Bas.

La visite des voiliers :

Le choix d'un voiliers fait d'abord appel à toute la subjectivité, on aime ou on aime moins et les avis peuvent être bien différents. Voici l’exemple de notre première visite :

C’est en Hollande que nous avons visité, ensemble, les premiers bateaux... J’avais fait l’erreur de montrer les photos publicitaires du Bavaria 42 à la famille. Ces photos retouchées montrent une cabine qui semble deux fois plus grande... Nous partions également de notre habitude des espaces de rangement d'un Maramu.

maramu

Nous avons commencé par visiter un Bénéteau 43. J’en avais déjà vu un à Nieuport et je le considérais comme le maître choix : Intérieur spacieux, boiseries soignées, hublots en amande, lumière, en un mot, un très beau bateau. Dominique ne disait rien... moi j’aimais.

C’est ensuite dans la voiture que j’ai pris un grand sceau d’eau froide : ‘Mais tu as vu ? Il y a très peu de rangement ! Et où va-t-on ranger la vaisselle, les casseroles et la nourriture ? Rappelle-toi le volume des courses pour seulement une semaine sur le Maramu avec les deux garçons et tout ce qu’ils mangent. Et les litres de lait, les bouteilles d’eau, les boîtes de conserve, le pain, le ris, les pâtes pour trois semaines ? Et il y a encore les fruits et les légumes, tu vas les mettre où ? Il faut croire que tous ces gens ne mangent qu’au resto. Et t’as vu les penderies ? Deux cirés et c’est plein ! Et tout le matériel pour naviguer, les huit défenses et le vélo pliable.'

J’avoue que moi, je n’avais pas remarqué ça. Bien sûr nos remarques étaient exagérées. Pour les rangements, je me demandais simplement comment mes parents avaient fait, il y a 40 ans pour que nous puissions naviguer et loger un mois à 4, en famille sur un Edel 2 de 5,5 mètres …

Edel 2 Mais, plus globalement, ne faisions-nous pas fausse route? Et si tous ces voiliers de grande production, (qu'a force de les voir nous dépasser nous avions, depuis le pont du Maramu, qualifiés de tupperwares), n'étaient que de grosses caravanes, privilégiant l'apparence d'espace et conçues pour la location et la vie dans les marinas?

Ne fallait-il pas se diriger vers un autre type de voilier, plus proche d'un Amel, d'un Najad, Contest, Halberg Rassy ou Ovni en acceptant de faire un investissement financier nettement plus important? Nous n’avions pas encore de réponse.